mercredi 12 octobre 2011

Michel Peissel (1937-2011)


Michel Peissel (né à Paris en 1937, mort le 7 octobre 2011) est un ethnologue, explorateur et écrivain français.
À 18 ans, il lit par hasard l’ouvrage de Fosco Maraini sur le Tibet. Séduit par ce pays mystérieux, il achète une grammaire tibétaine.
À 21 ans, au cours d'un voyage au Mexique, il découvre les vestiges de 14 sites mayas dans la forêt tropicale du Quintana Roo. Il réalise qu’il existe encore des territoires inconnus en plein XXe siècle. Il décide d’être explorateur, et ses notions de tibétain le guident tout naturellement vers les territoires secrets de l’Himalaya. Alors qu’il est étudiant aux États-Unis, il réussit à rencontrer le frère du Dalaï Lama, l’un des seuls Tibétain sur le sol américain ; ce dernier lui donne une lettre de recommandation à l'attention du premier ministre du Bhoutan, état voisin du Tibet. Mais il lui faudra plusieurs années avant de concrétiser ses rêves de voyage dans ces contrées interdites.

À partir de 1959, il est parmi les premiers à parcourir les royaumes fermés de l’Himalaya comme le Mustang, au nord du Népal. Il passera de nombreuses années à sillonner à pied ou à dos de mulet le Bhoutan, le Ladakh, le Zanskar et le Tibet.

Partisan de l’indépendance du Tibet dès la première heure et aidé par sa connaissance de la langue tibétaine, il contacte les guérilleros tibétains. Son livre Les Cavaliers du Kham sur la guerre secrète des Khampas lui vaut d’être temporairement interdit de séjour en Chine, en Inde et au Népal (après la mort de Mao Zedong, le Président Deng Xiaoping lui permettra par un décret de reprendre ses recherches au Tibet).
En 1998, il identifie le plateau de Dansar au Gilgit-Baltistan comme étant l’Eldorado grec, le pays des « fourmis chercheuses d'or » d’Hérodote. En 1995, ses travaux sur les chevaux tibétains le mènent à la découverte d’un cheval archaïque qu’il nommera le Cheval de Riwoché. Passionné par la préhistoire de l’Asie Centrale, il met au jour de nombreux sites troglodytes vieux de trois mille ans, et documente la survivance de l’art scythe au Tibet. Homme de terrain, il figure aujourd'hui parmi les meilleurs connaisseurs du monde tibétain.

En 1987 avec des archéologues mexicains, il construit une pirogue géante maya pour naviguer (en 1988) 700 km en haute mer et démontrer le rôle du commerce maritime des Itza dans l'effondrement des cités du bas empire maya. Thèse secondée par Jacques Soustelle. L'année suivante, il construit une barque viking et traverse l’Union Soviétique à la rame et à la voile, de la Baltique à la Mer Noire, soit 2 500 km, remontant la Dvina et redescendant le Dniepr. Il reproduit ainsi le périple des fondateurs au VIIIe siècle de la monarchie russe. Ce voyage révèle des qualités insoupçonnées des barques vikings, capables de remonter à la voile en glissant sur les bas fonds les rapides les plus forts. Ses recherches bousculent toutes les idées reçues sur les communications dans la Russie du IXe siècle.

En 1994, Michel Peissel part à la recherche de la source du Mekong qu’il situe au col de Rupsa, à 4 975 mètres d'altitude à la tête du Dza Nak, le Mekong noir, reconnu depuis plus d'un siècle par les cartographes comme la principale branche du fleuve. Des expéditions ultérieures, sino-japonaises et américaines, démontreront que la source géographique véritable est sur la branche nord, le Dza Kar, un torrent dont la source serait éloignée de plus de 4 500 mètres de l'embouchure que la source « historique » trouvée par Michel Peissel.
Michel Peissel a écrit 20 ouvrages, dont La Khamba que nous avons à la médiathèque.
Pour en savoir plus, vous pouvez cliquez ici, pour visionner une des archives de l'INA.

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