lundi 28 juin 2010

Festival du Premier Roman de Chambéry (9)

Après toutes ces rencontres du jeudi 27 mai, il était temps que la journée se termine. Mais après une bonne nuit de repos, les rencontres ont continué dès 8h30 le vendredi avec Anne Percin et Antoine Broto. Le billet d'aujourd'hui va porter sur la première : Anne Percin.

Anne Percin est née d'un père mécanicien et d'une mère mécanographe. Elle passe son enfance et poursuit des études de lettres à Strasbourg où elle consacrera son mémoire de Maîtrise au mouvement Dada avant d'aller enseigner en région parisienne. Elle vit et travaille aujourd'hui en Bourgogne où elle partage la vie de Christophe Spielberger. Si Anne Percin était invité à Chambéry pour son premier roman "adulte" Bonheur Fantôme, elle n'en est pas à sa première œuvre car elle a déjà écrit pour les plus jeunes : Point de côté (Editions Thierry Magnier), Servais des collines (Oskar jeunesse), Né sur X (Editions Thierry Magnier), L'âge d'Ange (Ecole des loisirs), N'importe où hors de ce monde (Rouergue) et A quoi servent les clowns (Rouergue).

Pierre, le narrateur, n'a pas trente ans et a tout quitté : Paris, son job, son amour. Il s'est enterré dans la Sarthe, a acheté une petite maison et s'est improvisé brocanteur. Il écrit également une biographie sur Rosa Bonheur, une peintre française, dont la vie a été éclaboussée de frasques amoureuses et de conduites excentriques. Tout cela sent la planque à plein nez, et ça ne manque pas, on comprend très vite que l'homme fuit un passé obsédant. On saisit quelques bribes, le frère disparu, alors qu'il n'était qu'un enfant, et aussi l'amant perdu, échappé, égaré... Cette histoire avec R. n'est d'ailleurs pas finie. Elle prend même l'aspect d'une chanson répétitive, une rengaine qui va et qui vient, qui raconte l'histoire d'un amour, avec la rencontre, les bons moments, les passages euphoriques et les instants dégrisants, les coups bas, la lâcheté et la cassure.

Ce n'est pas non plus un hasard si la sérénade de Mouloudji Fantôme de bonheur est martelée pour faire comprendre la détresse de Pierre, son chagrin, en plus du reste. Car c'est lui qui est parti, de son plein gré. Et R. n'est pas facile à oublier, c'est un personnage admirable, très beau, avec beaucoup de charme et de mystère. Si ce n'est pas de l'amour dans ce tas de cendres, dites-moi, ça y ressemble très fort ! En fait, le roman parle d'une reconstruction, pure et simple : Pierre est un jeune homme brisé, traumatisé par la mort de son frère à l'âge de dix ans, trop inquiet sur son avenir et sur ses sentiments, sa peur de s'attacher et d'afficher ses sentiments.

vendredi 25 juin 2010

Festival du Premier Roman de Chambéry (8)

Lors de la rencontre avec Béatrice Fontanel, il y avait François Weerts (déjà évoqué), mais aussi Stéphane Velut, l'auteur de Cadence.

Stéphane vit et travaille en Touraine. Il exerce la neurochirurgie et enseigne l'anatomie ; voilà pour le quotidien. Hormis ses travaux scientifiques portant essentiellement sur le cerveau, il a publié un essai de philosophie et donne régulièrement des conférences de sciences humaines. Il affectionne la lettre K, les villes désertes le dimanche, les paysages de neige. Et il écrit la nuit.

Munich, 1933. Un peintre, chargé d'exécuter le portrait d'une enfant louant l'avenir radieux de la nouvelle Allemagne, se cloître en compagnie de son modèle. Mais c'est tout autre chose qu'il fait de sa jeune pensionnaire et qu'il déploie comme un cérémonial au fil de son récit. Car ce sont ses carnets que l'on lit ; le narrateur y prend son lecteur à témoin. On hésitera à discerner dans cet étrange huis clos le jeu du rite ou de la soumission. Ce roman ne laisse pas indifférent à tel point que lors de la rencontre, les réactions ont été essentiellement vers lui et non vers les deux autres auteurs invités.

jeudi 24 juin 2010

Festival du Premier Roman de Chambéry (7)

Pour la rencontre suivante, il ne nous a pas fallu bouger beaucoup car nous sommes restés dans le même lieu, tout comme François Weerts qui faisait parti de cette nouvelle rencontre avec deux autres auteurs : Béatrice Fontanel et Stéphane Velut. Aujourd'hui, je vais vous présenter Béatrice Fontanel.


A la fois auteur et iconographe, Béatrice Fontanel a écrit de nombreux livres documentaires parmi lesquels Bébés du monde, Nous étions des Hommes, 1914-1918 aux éditions de la Martinière, L'Eternel féminin, une histoire du corps intime ou Quand les artistes peignaient l'histoire de France au Seuil. Elle a également signé aux éditions Actes-Sud Junior plusieurs albums de fiction, comme Mathilde et les petits papiers et Auguste le Galibot. Enfin, elle est l'auteur d'ouvrages de poésie, tels Explorations minuscules, poésie des rues ordinaires aux éditions de La Pie voleuse, La Ménagère Cannibale, au Seuil et Eloge des Nuages aux éditions de la Martinière. Elle est aussi l'auteur d'un premier roman pour adulte L'homme barbelé.

La narratrice veut écrire un livre sur Ferdinand. Ancien combattant, Ferdinand a aimé la guerre comme une mère... bien mieux que sa femme et ses propres enfants. Lorsque ce père la Terreur est arrêté par la Gestapo puis disparaît, son plus jeune fils souffle : " Enfin, une journée tranquille." Tranquille ? Personne ne le sera jamais plus dans la famille et sur plusieurs générations.

mardi 22 juin 2010

Mort d'un Nobel

José Saramago s'est éteint vendredi dernier, le 18 juin 2010, à l'âge de 87 ans.


Né en 1922 à Azinhaga au Portugal, il doit rapidement arrêter ses études secondaires pour entrer dans une école professionnelle qu'il quittera avec un diplôme de serrurier. Il exerce son métier peu de temps pour ensuite occuper des postes administratifs dans différentes entreprises.

Arrivé sur le tard en littérature, de son propre aveu par manque de confiance en lui, il publie un premier roman en 1947 et attendra 1975 pour le second. Il goûte en 1982 à la renommée mondiale grâce à son roman Le Dieu manchot et en 1998 il obtient le prix Nobel de littérature. Il est à ce jour le seul auteur lusophone à avoir reçu le prix Nobel.

Ses longues phrases sont en fait constitués de phrases très courtes, tendues, séparés par de nombreuses virgules pour tenter de rendre le rythme de la langue. "Il fallait trouver un ton, une façon de transcrire le rythme, la musique de la parole qu'on dit, pas de celle qu'on écrit."

Auteur aux opinions politiques très marquées, autodidacte, érudit et passionné d'Histoire, ses romans ont souvent pour cadre des événements historiques mais Saramago se défendait d'écrire des romans historiques. Son écriture et son imaginaire ne sont pas sans faire rappeler le réalisme magique sud-américain.

Un très grand auteur nous a quitté, à découvrir ou à redécouvrir à la médiathèque où vous attendent deux de ses romans:

-Le Dieu manchot 1982
-La Lucidité 2004

vendredi 18 juin 2010

De la (bonne) BD en ligne

Dans la série exploration des bons plans du web, signalons le site Manolosanctis qui ne vous est peut-être déjà pas étranger. Manolosanctis est une maison d'édition communautaire qui propose de diffuser des ouvrages consultables librement et gratuitement.


Le tout est parfaitement légal, rendu possible par les licences creative commons. Tout le monde y gagne, les auteurs qui gardent vraiment la main sur leur œuvre grâces aux licences précédemment citées et les lecteurs qui ont là l'occasion de s'investir dans leurs bandes-dessinées favorites et de découvrir des petites perles. On peut se créer un profil, organiser ses albums préférés ou encore faire des critiques. La présentation du site est agréable, facile à comprendre et à prendre en main. Si vous avez un bon écran, c'est un vrai plaisir à consulter. Un exemple avec une BD de Yohan, Mon cauchemar et moi, jolie histoire, sombre et triste, avec des planches enthousiasmantes. Un conseil: à regarder en plein écran.


Allez voir vous même: www.manolosanctis.com
Bon week-end à tous!