jeudi 30 septembre 2010

Georges Charpak (1924-2010)


Sa famille émigre en France alors qu'il a 7 ans.

Durant la Seconde Guerre mondiale, dès 1941, il entre dans la Résistance. En 1943 il est arrêté et interné au centre de détention d’Eysses avant d'être déporté au camp de concentration de Dachau en Allemagne ; il y reste pendant un an, sa pratique de plusieurs langues contribuant selon lui à sa survie.

Il devient citoyen français en 1946.

Après ses études au Lycée Joffre à Montpellier et dans les classes préparatoires au Lycée Saint-Louis à Paris, il est admis à l'École nationale supérieure des mines de Paris dont il est diplômé en 1947. Il est élève de Frédéric Joliot-Curie au Collège de France.

En 1948, il est admis au CNRS comme chercheur dans le laboratoire de physique nucléaire du Collège de France, dirigé par Frédéric Joliot-Curie et il obtient son doctorat ès sciences en 1955.

Maître de recherche au CNRS en 1959, il rejoint le CERN à Genève où il est resté comme physicien permanent de 1963 à 1989. C'est dans ce dernier laboratoire qu'il met au point la chambre proportionnelle multifils qui lui vaut le prix Nobel de physique en 1992 et qui remplace rapidement les chambres à bulles en permettant un traitement informatique des données. Il prend soin de déposer des brevets.

Il est titulaire de la chaire Joliot-Curie de l’École supérieure de physique et de chimie industrielles de Paris pour un an en 1984, et professeur associé du laboratoire d'électricité de l'école depuis 1980.

Il est élu Membre de l'Académie des sciences le 20 mai 1985.

À partir de 1996, avec le soutien de l'Académie des sciences et de ses collègues Pierre Léna et Yves Quéré, il prend la tête d'un important mouvement de rénovation de l'enseignement des sciences à l'école primaire, La main à la pâte, qui touche aujourd'hui près d'une école sur trois en France et essaime dans le monde entier. Des collaborations internationales ont été signées pour étendre cette initiative à de nombreux pays dans le monde.

Militant de l'énergie nucléaire, il a proposé en 2001 une nouvelle unité de mesure de la radioactivité, le DARI (Dose Annuelle due aux Radiations Internes), correspondant à environ 0,25 milli-Sievert.

Il a également écrit des ouvrages de vulgarisation scientifique. La médiathèque possède certains de ces titres :

mercredi 29 septembre 2010

Sélection des meilleurs livres 2009-2010

Comme toutes les années les bibliothécaires de la région lyonnaise se sont réunis pour vous établir la liste de leurs coups de cœurs sur l'année scolaire écoulée. Voici le résultat.


Je vous souhaite une bonne lecture de la plaquette, mais aussi des livres proposés.

vendredi 24 septembre 2010

Doris Lessing : Prix Nobel 2007


Doris Lessing (née Doris May Tayler, le 22 octobre 1919 à Kermanshah, Perse) est une écrivain britannique, lauréate du Prix Nobel de littérature en 2007. Ce dernier a couronné « la conteuse épique de l'expérience féminine qui, avec scepticisme, ardeur et une force visionnaire, scrute une civilisation divisée. »

Célèbre dès son premier livre, Vaincue par la brousse (1950), auteure d'une vingtaine de romans dont le best-seller international Le Carnet d'or (1962), elle est très vite apparue comme une femme de lettres engagée et militante, notamment pour les causes anticolonialiste et anti-apartheid. À l'instar de ses consœurs nobélisées Toni Morrison et Elfriede Jelinek, elle a aussi été associée au combat des féministes sans qu'elle ne l'ait revendiqué ou désiré.

L'œuvre de Doris Lessing est profondément autobiographique, s'inspirant notamment de son expérience africaine, de ses années de jeunesse et de ses engagements sociaux ou politiques. Son style romanesque, épique, réaliste et lyrique lui a permis d'aborder différents thèmes tels que les conflits de cultures, les injustices raciales et ethniques, la contradiction entre la conscience individuelle et le bien commun, la violence entre les êtres et les classes, le déracinement ou encore l'enfance. Très appréciée pour sa diversité et son éclectisme, l'auteur a su faire une immersion dans le domaine de la science-fiction (Shikasta en 1981) ou du roman psychologique (L'Été avant la nuit). Elle a même un temps évolué vers l'ésotérisme et la parapsychologie avec La Descente aux enfers (1971).

Pour mieux connaître cette écrivain vous trouverez quelques unes de ces œuvres à la médiathèque :

  • Victoria et les Staveney : Victoria n'a jamais oublié sa rencontre, à l'âge de neuf ans, avec une riche famille blanche, les Staveney. Ce souvenir entêtant la poussera, des années plus tard, à entamer une liaison avec leur fils, Thomas. De cette histoire naîtra Mary, petite fille à la peau claire et au sourire radieux. En adoration devant l'enfant, les Staveney proposent de l'accueillir chez eux de plus en plus souvent. Victoria, toute à la réalisation de la chance que représenterait une telle éducation pour sa fille, n'imagine pas quelles conséquences aura sa décision.

  • Alfred et Emily : Doris Lessing explore la vie de ses parents, tous deux abîmés de manière irrévocable par la Grande Guerre. Elle imagine tout d'abord la vie plus heureuse qu'ils auraient pu bâtir si la guerre n'avait pas eu lieu, avant de se livrer à un examen cinglant de leur couple tel qu'il fut en réalité dans l'ombre pesante de cette guerre. " Aujourd'hui encore, je m'efforce d'échapper à cet héritage monstrueux, pour être enfin libre ", confie Doris Lessing. Avec Alfred et Emily, c'est très exactement ce qu'elle fait, et de manière éclatante.

  • Un enfant de l'amour : James Reid est un jeune homme romantique dont le principal défaut est d'avoir trop rêvé sa vie avant qu'elle ne commence véritablement.Durant l'été 1939, il embarque pour l'Inde avec son régiment et, lors d'une escale au Cap, croit trouver en Daphné, jeune femme mariée, le grand amour qu'il attendait. A la fin de la guerre, il apprend que de cette liaison passionnée est né un enfant qui ne se sait pas illégitime. James va alors tout entreprendre pour rencontrer son fils...

  • Les grand-mère : Sur la terrasse d'un café dominant la baie de Baxter's Teeth, deux familles, qui semblent n'en former qu'une, se prélassent au soleil. Roz et Lil, les grand-mères, restées belles, entourées de Tom et Ian, leurs fils, et de leurs petites-filles, semblent filer le parfait bonheur. Depuis toujours, Roz et Lil sont aussi inséparables que des sœurs jumelles, et l'affection qu'elles se portent s'est doublée peu à peu d'un amour pour le moins trouble de chacune pour le fils de l'autre. Mais, quand Mary, la femme de Tom, surgit, pleine de colère, l'ombre débarque dans ce tableau idyllique... Grâce à la légèreté de son écriture, Doris Lessing signe avec Les grand-mères un roman décapant sur les non-dits et la dissimulation.

  • Rire d'Afrique : voyages au Zimbabwe : Révoltée par le régime colonial qui la déclare bientôt persona non grata, Doris Lessing quitte la Rhodésie de son enfance dès 1956. En 1982, après plus de 25 ans d'exil, c'est dans le tout jeune Zimbabwe qu'elle tentera de retrouver ses racines africaines. Les quatre voyages qu'elle y effectue jusqu'en 1992 nourrissent ces carnets de bord où, de souvenirs en rencontres, le grand écrivain anglais renoue le fil de son histoire et se fait le témoin passionné de l'évolution difficile, parfois contradictoire, d'un pays vers la modernité. Du va-et-vient entre le passé et le présent surgit une féconde mosaïque d'impressions, d'anecdotes, de scènes, de portraits : images de la plantation familiale, de la brousse, et visions d'un pays qui s'urbanise peu à peu, souvenirs en noir et blanc du monde colonial et émergence d'une société interraciale qui voit s'installer de nouveaux privilèges. Un admirable journal de voyages et de souvenirs où la fidélité aux engagements d'hier, l'émouvant travail de la mémoire, la connaissance intime du paysage africain accompagnent une réflexion très riche sur les aspirations d'un continent en proie aux pires maux, malmené par l'Histoire, et porteur cependant d'un étonnant message d'espoir.

jeudi 23 septembre 2010

Sukkwan Island


Une île sauvage du sud de l'Alaska, quasiment inaccessible : seuls le bateau ou l'hydravion permettent la communication avec la civilisation....l'immensité des forêts, leur opacité, les reliefs escarpés : voilà le cadre, on ne peut plus hostile, du roman.

Un père, Jim, et son fils, Roy, âgé de 13 ans vont évoluer dans cet environnement en menant une expédition pour le moins improvisée ; elle est présentée à Roy comme une aventure : loin de l'enthousiasmer, il s'y contraindra, quasiment avec la force d'un adulte.

Son père et sa mère ont divorcé, Roy est sous la garde de sa mère . Dans Sukkwan Island, il part pour vivre une année dans une cabane de fortune, aux côtés d'un père immensément fragile et instable, en proie au désespoir. L'expression de cette détresse se libère la nuit sous forme de pleurs et de monologue : autant de situations anxiogènes pour Roy. A chaque étape du récit, on pressent le drame : il survient une première fois, sous la forme d'une chute dans un ravin, sans lourdes conséquences pour Jim mais la tension parviendra à un paroxysme tel, que le suspense est insoutenable.

Avec ce roman qui nous entraîne au coeur des ténèbres de l'âme humaine, David Vann s'installe d'emblée parmi les jeunes auteurs américains de tout premier plan. L'auteur lui-même a vécu avec son propre père une situation similaire, mais ce n'est que bien tard - trente ans plus tard - que David Vann passera par l'écriture pour libérer toutes ces pensées ; mais la publication du livre ne se fera pas sans mal. Un jour, alors qu'il a perdu pratiquement tout espoir de voir Sukkwan Island publié, David Vann l'adresse à un concours de nouvelles et gagne !!! Plus tard, une critique élogieuse dans le New-York Times fera en sorte qu'Harper Collins, son éditeur rachète les droits (extr. Le Monde des Livres, juin 2010). Le succès en France suscite un intérêt dans toute l'Europe.

David Vann a déjà écrit un deuxième roman, qui n'est pas encore publié : "Caribou Island", dont l'intrigue se situe également en Alaska .... à suivre donc.

mercredi 22 septembre 2010

"Si tu meurs, je te tue" de Philippe Sohier

Un homme, un peu bancal, à tendance éthylique, sculpteur usé rencontre une femme, Marthe : elle est belle, elle est simple ; ils sont heureux tous les deux. Il est possessif, absolutiste, rien que deux. Mais Marthe va tomber enceinte. Il ne va pas pouvoir le supporter... Récit touchant, sincère, où l’odieux se mêle à la poésie, à l’amour vrai. Avec des thèmes forts : le rapport à la parentalité (accepter d’être parent) ; la maladie qui fait irruption dans la vie, comme dans le roman ; les secrets de famille...